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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 12:21

 Les stoïciens ne devaient pas beaucoup aux péripatéticiens. Il y avait trop d'équilibre dans l'esprit principal d'Aristote pour leur intensité étroite. Sa reconnaissance de la valeur des passions leur était un plaidoyer de maladie dans la modération: son admission d'autres éléments que la vertu dans la conception du bonheur leur paraissait être une trahison de la citadelle, dire comme cela l'exercice de la la vertu était le bien le plus élevé n'était pas un mérite à leurs yeux, à moins qu'il ne soit ajouté à la confession qu'il n'y en avait pas à côté. Les stoïciens ont essayé de traiter l'homme comme un être de pure raison. Les péripatéticiens ne fermeraient pas les yeux sur sa nature mêlée, et prétendaient que le bien d'un tel être devait aussi être mélangé, contenant en lui des éléments qui se rapportaient au corps et à son environnement. Les biens de l'âme, disaient-ils, l'emportaient de loin sur ceux du corps et du domaine, mais ceux-ci avaient néanmoins le droit d'être considérés.  Bien que les stoïciens fussent religieux jusqu'à la superstition, ils n'invoquèrent pas les terreurs de la théologie pour imposer la leçon de la vertu. Platon le fait même dans l'œuvre même, dont l'objet professé est de prouver la supériorité intrinsèque de la justice à l'injustice. Mais Chrysippe protesta contre la procédure de Platon sur ce point, déclarant que le discours sur la punition par les dieux était un simple «bugaboo». Par les stoïciens en effet, pas moins que par les épicuriens, la peur des dieux a été écartée de la philosophie. Les dieux épicuriens ne prirent aucune part aux affaires des hommes; le dieu stoïcien était incapable de colère.  L'absence de tout appel aux récompenses et aux punitions était une conséquence naturelle du principe central de la morale stoïcienne: cette vertu est en soi la plus désirable de toutes choses. Un autre corollaire qui découle du même principe, c'est qu'il vaut mieux être que de paraître vertueux. Ceux qui sont sincèrement convaincus que le bonheur se trouve dans la richesse ou le plaisir ou le pouvoir préfèrent la réalité à l'apparition de ces biens; il doit en être de même pour celui qui est sincèrement convaincu que le bonheur réside dans la vertu.

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Published by chroniquedepam