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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 08:19

 Au total, les contours de la CSP se précisent. La finalité d’ensemble consiste en trois objectifs étroitement solidaires : améliorer la capacité des forces armées européennes à s’engager, en augmentant les investissements militaires et en conduisant des programmes d’équipement communs. Aussi la CSP constituera-t-elle le mécanisme d’une « Europe des capacités » censée redresser la situation militaire sur le continent. Ironiquement, ce modèle n’est guère éloigné des conceptions britanniques. Renouant avec une rhétorique usée, Federica Mogherini a déclaré que le  « vrai problème n’est pas combien nous dépensons, mais le fait que nous dépensions de manière dispersée » (Bruxelles, 13 novembre 2017). De fait, une plus grande coopération permettrait d’éliminer nombre de duplications inutiles, mais que l’on prenne garde de ne pas négliger l’effort financier à produire, une question clairement abordée dans le projet. Une CSP réussie ne consistera pas à mutualiser les déficits capacitaires, pour faire moins ensemble, mais à combler les lacunes et à relever la garde (cf. Institut Thomas More, Les Européens, combien de divisions ? Note de Benchmarking n°19, mai 2017). Enfin, le vote du « Brexit » et ses conséquences sur le plan de la sécurité ne peuvent être ignorés. Si cette décision constitue une erreur majeure dans la présente configuration géopolitique, le Royaume-Uni ne peut tout simplement pas s’abstraire de l’Europe géographique. Puissance militaire de premier plan, membre de l’OTAN, il est aux avant-postes de la défense de l’Europe. Aussi les Britanniques doivent-ils être étroitement associés à la PSDC, et non pas se voir offrir un simple strapontin. Sitôt réglées les questions préalables au « Brexit », ce qui semble en bonne voie, il conviendra donc d’élaborer un accord de défense et de sécurité, épine dorsale d’un grand partenariat géopolitique euro-britannique. La chose est plus importante et vitale encore que la négociation d’un futur traité de libre-échange. A tous égards, la voie de la raison est celle d’un « soft Brexit ». Liée à Londres par les accords de Lancaster House (2010), la France devrait pousser dans cette direction. Son statut et son rôle de puissance mondiale dépendent autant de son alliance avec le Royaume-Uni que de la relation multiforme avec l’Allemagne. L’enjeu consiste à tenir les frontières européennes et à stabiliser le continent, afin de pouvoir projeter forces et puissance dans l’environnement proche comme sur l’Océan mondial. 

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Published by chroniquedepam