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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 13:45

David Cameron a joué les apprentis sorciers. Il a perdu son pari. Il a démissionné. Son épouse à ses côtés, il l’a annoncé d’un ton sinistre : « Je ne crois pas qu’il soit opportun que je sois le capitaine qui mène notre pays vers sa prochaine destination. » Digne, certes, mais réaliste ! Quelques heures plus tôt, 84 députés de son parti, favorables au Brexit, lui demandaient de rester à son poste quelque soit le résultat. Lui-même évoquait cette hypothèse il y a un mois, avançant : « Je ne suis pas un lâcheur. » Mais l’ampleur du vote “out” et la participation record ne lui offraient pas d’autre choix que ce “Cameronexit”. Ce premier ministre est un eurosceptique par nécessité plus que par conviction. Il est celui qui a ramené les conservateurs au pouvoir en 2010, après treize années d’opposition. Cinq ans plus tôt, il avait été élu à la tête du parti — il avait 39 ans — grâce au soutien des plus antieuropéens. Les tories se donnaient pour chef un descendant de Guillaume IV, diplômé d’Oxford, tout droit sorti de la série Downtown Abbey, « ces gens servis à table et qui prennent des bains depuis des générations », comme disait Françoise Giroud. Un grand type au teint rose, le visage poupin encadrant des traits aigus. So British ! Au départ, Cameron voulait moderniser son parti. Il demandait à ses barons d’arrêter de ressasser la question de l’Europe. Mais il avait dû leur donner des gages et faire démissionner ses 27 députés européens du groupe PPE, trop dominé, jugeait-il, par les Allemands. Les antieuropéens de son parti n’ont cessé de multiplier les rébellions parlementaires. Déjà en 2011, une centaine de députés réclamaient un référendum sur le “in” ou “out”. Dans un important discours, en janvier 2013, pour s’assurer de leur soutien en vue des législatives, David Cameron avait promis d’en organiser un avant fin 2017. Il a cédé à ses frondeurs, pensant régler ce différend une fois pour toutes. D’autres parlaient déjà de « suicide politique ». En 2015, Cameron remportait la majorité absolue au Parlement. Une belle victoire ! Mais entre-temps, la question empoisonnée de l’Europe s’est mêlée à celle encore plus toxique de l’immigration. À commencer par le rejet des 800 000 Polonais et Roumains auxquels Tony Blair avait ouvert les bras. Son pari devenait très risqué. David Cameron restera dans l’histoire comme le premier ministre qui aura sorti son pays de l’Union européenne, après quarante-trois ans de relations, il est vrai, compliquées. Mais pire encore, il sera peut-être celui qui aura conspiré à la dislocation du Royaume-Uni. L’Écosse, qui a voté pour le “in”, se sent de nouvelles velléités d’indépendance, comme le laisse déjà entendre son premier ministre, Mme Nicola Sturgeon. Un grand fiasco personnel !

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Published by chroniquedepam

Texte Libre

Bienvenue sur mon blog, je suis Pam, je bosse dans la mode, retail, et mon job me gonfle. Alors pour me divertir j'écris ces quelques lignes. C'est ma chronique.

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